Chaussures professionnelles : normes, obligations et critères de protection

Les chaussures professionnelles regroupent les chaussures de sécurité certifiées EN ISO 20345 ainsi que les chaussures de travail conformes à la norme EN ISO 20347. Le choix dépend des risques du poste, de l’environnement de travail et du niveau de protection recherché.

Comprendre les principales normes des chaussures professionnelles

Les chaussures de sécurité se distinguent des chaussures de travail par un embout de protection, destiné à protéger les orteils contre les chocs et l’écrasement. Selon leur niveau de protection, certains modèles intègrent également une semelle anti-perforation (également appelée semelle de protection), qui protège la plante du pied contre les objets pointus tels que les clous, les vis ou les éclats métalliques.

Les deux normes à connaître avant de choisir :

L’essentiel

  • EN ISO 20345 = chaussures de sécurité avec embout de protection (200 J)
  • Selon leur niveau de protection (S1, S2, S3…), elles peuvent également intégrer une semelle anti-perforation.
  • EN ISO 20347 = chaussures de travail sans embout de protection.
  • Le choix dépend toujours des risques réels du poste de travail.
Chaussures de sécurité montantes EN ISO 20345:2022 S2 FO SR avec tige hydrophobe
Chaussures de sécurité certifiées EN ISO 20345:2022 S3S FO SR.

Chaussures de sécurité + semelle

Chaussures de travail montantes sans embout en acier utilisent une construction Goodyear Wel

Chaussures de travail

Ce que dit la réglementation

Le choix d’une chaussure professionnelle ne relève pas uniquement du confort ou des préférences de l’utilisateur. Lorsque les risques liés au poste ne peuvent pas être suffisamment évités ou limités par des mesures de protection collective ou par l’organisation du travail, le recours à des équipements de protection individuelle (EPI) peut être nécessaire.


En France, l’employeur doit évaluer les risques professionnels auxquels sont exposés les salariés et les consigner dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP). Lorsque cette évaluation met en évidence la nécessité de protéger les pieds, l’employeur doit sélectionner des chaussures offrant un niveau de protection adapté aux risques identifiés.

L’article R4323-95 du Code du travail prévoit que les EPI sont fournis gratuitement par l’employeur. Celui-ci doit également veiller à leur bon fonctionnement et à leur maintien dans un état hygiénique satisfaisant par les entretiens, réparations et remplacements nécessaires.

Les travailleurs temporaires doivent également bénéficier des équipements de protection individuelle nécessaires à leur poste. L’article L1251-23 du Code du travail précise les responsabilités relatives à leur fourniture entre l’entreprise utilisatrice et l’entreprise de travail temporaire.

Et au niveau européen ?

Le règlement (UE) 2016/425 répartit les EPI en trois catégories en fonction des risques contre lesquels ils protègent. Les chaussures de sécurité destinées aux risques qui ne relèvent ni de la catégorie I ni de la catégorie III sont des EPI de catégorie II.

Pour leur mise sur le marché, elles doivent satisfaire aux exigences essentielles de santé et de sécurité applicables et faire l’objet de la procédure d’évaluation de conformité prévue par le règlement. Le fabricant établit ensuite la déclaration UE de conformité et appose le marquage CE.

Certains EPI destinés à protéger contre des risques susceptibles d’entraîner des conséquences très graves, comme la mort ou des dommages irréversibles pour la santé, relèvent de la catégorie III et sont soumis à des procédures d’évaluation de conformité supplémentaires.

Norme

Niveau

Principales caractéristiques

Exemples d’usages

EN ISO 20345

S1PL / S1PS

Embout 200 J, propriétés antistatiques, absorption d’énergie au talon, résistance à la perforation avec insert non métallique. PL : essai avec pointe de 4,5 mm ; PS : pointe de 3 mm.

Logistique, entrepôt, certains travaux de second œuvre

EN ISO 20345

S2

Embout 200 J, propriétés antistatiques, absorption d’énergie au talon, pénétration et absorption d’eau de la tige limitées. Pas d’exigence de résistance à la perforation

Environnements humides sans risque identifié de perforation

EN ISO 20345

S3L / S3S

Exigences S2 + résistance à la perforation avec insert non métallique et semelle à crampons. S3L : essai avec pointe de 4,5 mm ; S3S : pointe de 3 mm.

Chantiers, gros œuvre, travaux extérieurs, certains environnements industriels

EN ISO 20347

01

Sans embout de sécurité. Propriétés antistatiques et absorption d’énergie au talon.

Activités sans risque nécessitant un embout de protection

EN ISO 20347

02

Exigences O1 + pénétration et absorption d’eau de la tige limitées.

Activités en environnement humide sans nécessité d’embout

EN ISO 20347

04

Chaussure de classe II, notamment de construction tout polymère ou tout caoutchouc, avec propriétés antistatiques et absorption d’énergie au talon.

Certains environnements humides, nettoyage, agroalimentaire

EN ISO 20347

06

Chaussure de classe I répondant notamment à des exigences d’étanchéité de l’ensemble de la chaussure.

Activités exposées durablement à l’humidité ou à l’eau

Que vérifier avant de choisir un modèle ?

Les marquages permettent de vérifier rapidement si une chaussure correspond au niveau de protection recherché. Les critères à contrôler diffèrent selon qu’il s’agit d’une chaussure de sécurité ou d’une chaussure de travail.

Métiers : quel type de chaussure selon le travail ?

Le choix d’une chaussure dépend avant tout des risques présents sur le poste de travail. Les exemples ci-dessous permettent d’orienter rapidement vers la catégorie la plus adaptée.

Gros œuvre

Maçon, coffreur, couvreur

Risques principaux
Manutention, gravats, chocs et risques au sol.

Logistique & entrepôts

Magasinier, chauffeur-livreur, conducteur PL

Risques principaux
Manutention, glissades et déplacements fréquents.

Second œuvre

Plomberie, peinture, électricien

Risques principaux
Glissades, déplacements fréquents et risques variables selon le chantier.

Services & collectivités

Serveur, cuisinier, agent d’entretien, personnel de collectivité

Risques principaux
Glissades et station debout prolongée.

Industrie / maintenance

mécanicien, garagiste, agente d’entretien

Risques principaux
Manutention, chocs et risques d’impact.

Exigences complémentaires et symboles associés

Les symboles complémentaires permettent d’identifier rapidement certaines caractéristiques des chaussures, comme l’adhérence, l’imperméabilité, l’isolation thermique ou la protection anti-perforation.

Confort & environnement

Protection & sécurité

Chaussures ESD : pour quels métiers ?

Métiers concernés : électroniciens, assembleurs de cartes électroniques, techniciens de maintenance électronique, opérateurs en salle blanche, fabricants de semi-conducteurs, personnel de laboratoire, industrie pharmaceutique et certains environnements nécessitant une maîtrise des charges électrostatiques.

Les chaussures ESD (Electro Static Discharge) dissipent l’électricité statique de manière contrôlée afin de protéger les composants électroniques sensibles. Une simple décharge électrostatique, souvent imperceptible pour l’utilisateur, peut endommager des cartes électroniques, microprocesseurs ou autres équipements de précision.

L’efficacité de la protection ESD ne dépend pas uniquement des chaussures. Le revêtement de sol, les vêtements portés, les matériaux manipulés, les déplacements ou encore les conditions ambiantes peuvent influencer l’accumulation et la dissipation des charges électrostatiques.

Bon à savoir

La norme IEC 61340-5-1 définit les exigences d’un programme de maîtrise des décharges électrostatiques. La norme IEC 61340-4-3 décrit quant à elle la méthode d’essai permettant de mesurer la résistance électrique des chaussures utilisées pour la maîtrise du potentiel électrostatique des personnes.

L’entretien et le remplacement

Nettoyage

Nettoyez régulièrement les chaussures avec des produits adaptés à leurs matériaux. Pour le séchage, évitez les sources de chaleur directe, comme les radiateurs, qui peuvent détériorer le cuir, les colles et certains composants de la chaussure.

Usure et remplacement

Inspectez régulièrement l’état général des chaussures : semelle d’usure, coutures, tige et zones d’assemblage. Une chaussure ayant subi un choc important, présentant une semelle fortement usée, percée ou décollée, ou tout autre dommage susceptible de réduire son niveau de protection doit être remplacée

Conseil pratique

Pour évaluer correctement le confort d’une chaussure, essayez-la avec les chaussettes habituellement portées au travail. Les pieds pouvant légèrement gonfler au cours de la journée, une pointure et un chaussant adaptés sont aussi importants que le niveau de protection.

Conclusion

Le choix d’une chaussure professionnelle ne dépend pas uniquement de la norme. Les risques du poste, l’environnement de travail, les conditions d’utilisation et le confort doivent également être pris en compte.

L’analyse de ces différents critères permet de déterminer si une chaussure de sécurité conforme à l’EN ISO 20345 ou une chaussure de travail conforme à l’EN ISO 20347 répond le mieux aux besoins du métier.

Questions fréquentes

Pour aller plus loin

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Comment comprendre les vêtements de haute visibilité ?

Les vêtements de haute visibilité améliorent la détection visuelle des travailleurs dans les environnements où ils doivent être vus rapidement. Ils associent des matériaux fluorescents, visibles de jour, et des éléments rétroréfléchissants, efficaces sous l’éclairage des phares ou d’autres sources lumineuses. Ce guide explique le fonctionnement des vêtements conformes à la norme EN ISO 20471, les différences avec la norme EN 17353, les classes de visibilité, les critères de choix et les bonnes pratiques d’utilisation pour mieux comprendre ces équipements de protection.

Pourquoi porter des vêtements de haute visibilité ?

Les vêtements de haute visibilité sont conçus pour rendre leur porteur plus facilement détectable dans des environnements où la visibilité peut être réduite ou lorsque des véhicules, des engins ou d’autres usagers circulent à proximité. Leur objectif est de permettre une identification rapide de la présence d’une personne afin de diminuer le risque d’accident.

Ils sont utilisés dans de nombreux secteurs d’activité tels que le BTP, les travaux routiers, la logistique, les services techniques, la maintenance, les transports ou encore certaines interventions en extérieur. Selon les situations, le port d’un vêtement de haute visibilité peut être recommandé par l’employeur ou rendu obligatoire à la suite de l’évaluation des risques réalisée sur le poste de travail. Pour une vue d’ensemble des normes applicables aux vêtements de travail et EPI, consultez notre guide des normes vêtements de travail et EPI.

Situations dans lesquelles les vêtements de haute visibilité sont recommandés

Situation

Chantier routiers

Pourquoi ?

Être vu rapidement par les automobilistes et les engins de chantier.

Entrepôts logistiques

Faciliter l’identification des opérateurs par les conducteurs de chariots élévateurs dans les zones de circulation.

Travaux extérieurs

Améliorer la visibilité par faible luminosité ou en cas d’intempéries.

Maintenance industrielle

Identifier rapidement les intervenants dans les zones de circulation.

Services techniques et collectivités

Renforcer la visibilité lors des interventions sur la voie publique.

À retenir

Le port d’un vêtement de haute visibilité ne dépend pas uniquement du métier exercé. Il répond avant tout à une analyse des risques, notamment lorsque les travailleurs évoluent dans des environnements où ils doivent être vus rapidement pour assurer leur sécurité.

Quelle est la différence entre les matériaux fluorescents, réfléchissants et rétroréfléchissants ?

Les termes « fluorescent », « réfléchissant » et « rétroréfléchissant » sont souvent utilisés indifféremment. Pourtant, ils ne désignent pas le même matériau et n’assurent pas la même fonction. Comprendre cette différence est essentiel pour interpréter correctement les exigences de la norme EN ISO 20471 et choisir un vêtement adapté à son environnement de travail.

Les matériaux fluorescents

Les matériaux fluorescents sont conçus pour améliorer la visibilité du porteur pendant la journée ou lorsque la lumière naturelle est faible, par exemple par temps couvert ou au crépuscule. Ils absorbent une partie du rayonnement ultraviolet (UV) contenu dans la lumière du soleil et le réémettent sous forme de lumière visible, ce qui rend leurs couleurs particulièrement vives.

Les vêtements de haute visibilité utilisent généralement des tissus jaunes, orange ou rouges fluorescents afin d’offrir un contraste élevé avec l’environnement et de permettre de repérer plus rapidement une personne.

Comment fonctionnent les matériaux fluorescents ?

Contrairement à une idée reçue, un matériau fluorescent ne produit pas de lumière. Il exploite la lumière naturelle en transformant une partie des rayons ultraviolets invisibles en lumière visible. C’est pourquoi un vêtement fluorescent paraît plus lumineux qu’un tissu de couleur classique lorsqu’il est exposé à la lumière du jour.

À retenir :

  • Fonctionne grâce à la lumière naturelle.
  • Améliore la visibilité de jour et au crépuscule.
  • Offre un contraste élevé avec l’environnement.
  • Perd son efficacité dans l’obscurité ou en l’absence de lumière naturelle.

Les matériaux réfléchissants

Les matériaux réfléchissants sont utilisés sur de nombreux vêtements de travail afin d’améliorer la visibilité du porteur. Ils prennent souvent la forme de passepoils, de logos, de bandes décoratives ou d’empiècements réfléchissants.

Contrairement aux matériaux rétroréfléchissants, ils diffusent la lumière qu’ils reçoivent dans plusieurs directions, au lieu de la renvoyer vers sa source. Ils permettent ainsi d’améliorer la visibilité d’un vêtement lorsqu’il est éclairé, mais leur efficacité reste plus limitée pour signaler rapidement la présence d’une personne.

Dans le langage courant, on parle souvent de « bandes réfléchissantes ». Pourtant, les vêtements de haute visibilité conformes à la norme EN ISO 20471 utilisent des matériaux rétroréfléchissants, dont les performances, la surface et l’emplacement répondent à des exigences techniques précises.

La présence d’éléments réfléchissants sur un vêtement de travail ne signifie donc pas qu’il s’agit d’un vêtement de haute visibilité certifié.

Quelles sont les différentes classes de vêtements de haute visibilité ?

La norme EN ISO 20471 classe les vêtements de haute visibilité en trois niveaux de performance. Cette classification ne reflète pas la qualité du vêtement, mais la surface minimale de matériaux fluorescents et rétroréfléchissants intégrée au vêtement. Plus cette surface est importante, plus le niveau de visibilité est élevé.

Classe 1 : visibilité de base

Classe 2 : visibilité intermédiaire

Classe 3 : visibilité maximale

Niveau de visibilité
La classe 1 correspond au niveau de visibilité le plus faible défini par la norme EN ISO 20471. Elle comporte la plus petite surface de matériaux fluorescents et rétroréfléchissants.

Exemples de vêtements

À retenir
✔ La classe 1 est destinée aux situations où un niveau de visibilité limité est jugé suffisant après évaluation des risques.

Niveau de visibilité
La classe 2 offre une surface plus importante de matériaux visibles et convient à de nombreuses situations professionnelles.

Exemples de vêtements

À retenir
✔ Elle représente le niveau de visibilité le plus fréquemment rencontré sur les vêtements de haute visibilité.

Niveau de visibilité
La classe 3 correspond au niveau de visibilité le plus élevé prévu par la norme EN ISO 20471. Elle offre la plus grande surface de matériaux fluorescents et rétroréfléchissants.

Exemples de vêtements

  • Parka haute visibilité
  • Combinaison haute visibilité
  • Ensemble veste + pantalon certifié

À retenir
✔ La classe 3 est utilisée lorsque le niveau de visibilité le plus élevé est requis.

Important

La classe d’un vêtement dépend principalement de la quantité de matériaux fluorescents et rétroréfléchissants qu’il comporte. Elle ne constitue pas un indicateur de qualité, de résistance ou de confort.

Peut-on personnaliser un vêtement de haute visibilité ?

Les vêtements de haute visibilité peuvent être personnalisés par différentes techniques de marquage, telles que la sérigraphie, le transfert ou la broderie. Toutefois, cette personnalisation ne doit pas compromettre les performances du vêtement ni remettre en cause sa conformité à la norme EN ISO 20471.

Avant toute intervention, il est essentiel de respecter les recommandations du fabricant concernant les zones de marquage autorisées.

Pourquoi le positionnement du marquage est-il important ?

La norme EN ISO 20471 impose des surfaces minimales de matériaux fluorescents et rétroréfléchissants afin de garantir un niveau de visibilité déterminé.

Un marquage de dimensions ou d’emplacement inadaptés peut réduire ces surfaces. Le vêtement peut alors perdre sa classe de visibilité (par exemple passer de la classe 3 à la classe 2, ou de la classe 2 à la classe 1), voire ne plus satisfaire aux exigences de la norme.

Pour cette raison, de nombreux fabricants prévoient des zones spécifiques destinées à la personnalisation afin de préserver la conformité du vêtement.

Les bonnes pratiques

  • Respecter les recommandations du fabricant.
  • Utiliser les zones prévues pour le marquage lorsque celles-ci existent.
  • Ne pas recouvrir les bandes rétroréfléchissantes.
  • Limiter le marquage sur les surfaces fluorescentes afin de préserver les surfaces minimales exigées par la norme.
  • Vérifier que la personnalisation ne modifie pas la classe de visibilité du vêtement.

Les surfaces minimales définies par la norme EN ISO 20471

Classe

Matériau fluorescent (minimum)

Matériau rétroréfléchissant (minimum)

1

2

3

0,14 m²

0,50 m²

0,80 m²

0,10 m²

0,13 m²

0,20 m²

À retenir

Les surfaces indiquées correspondent aux exigences minimales de la norme EN ISO 20471. La conformité d’un vêtement personnalisé ne peut pas être évaluée uniquement à partir de ces valeurs. Elle dépend également de la conception du vêtement, de sa taille, de l’emplacement du marquage et des recommandations du fabricant.

Conclusion

Les vêtements de haute visibilité ne se distinguent pas uniquement par leurs couleurs vives. Leur efficacité repose sur la combinaison de matériaux fluorescents et rétroréfléchissants, sur le respect des exigences de la norme EN ISO 20471 et sur le maintien de leurs performances tout au long de leur utilisation.

Comprendre ces principes permet de mieux interpréter les caractéristiques des équipements, d’éviter les idées reçues et de préserver leur niveau de protection, notamment lors de la personnalisation.

Passer de la théorie au choix des produits

Vous connaissez désormais le fonctionnement des vêtements de haute visibilité, les différences entre les matériaux fluorescents, réfléchissants et rétroréfléchissants, ainsi que les principales exigences de la norme EN ISO 20471.

Pour aller plus loin, découvrez notre guide pratique publié sur Cybernecard. Il vous aide à comparer les différentes familles de vêtements et d’accessoires haute visibilité, à comprendre leurs usages et à choisir les équipements les plus adaptés à chaque environnement de travail.

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Comment conseiller le bon gant de protection : interpréter la norme EN 388 pour vos clients

Les gants de protection conformes à la norme EN 388 peuvent présenter des niveaux de performance très différents, tout en répondant à la même catégorie de risques mécaniques. Savoir interpréter les pictogrammes et les indices de performance permet d’aller au-delà du simple marquage et de mieux comparer les modèles.

Pour un revendeur, cette compréhension est un véritable atout. Elle permet de recommander un gant adapté aux contraintes du poste de travail, d’expliquer les différences entre plusieurs références et d’apporter un conseil technique fondé sur des critères objectifs.

Dans ce guide, découvrez comment lire et interpréter la norme EN 388 afin d’accompagner vos clients avec davantage de précision et de professionnalisme.

Quel périmètre pour la norme EN 388 ?

Cette norme européenne évalue exclusivement la protection contre les risques mécaniques, c’est-à-dire les agressions physiques susceptibles d’endommager les mains lors de la manipulation d’outils, de matériaux ou de pièces. Elle permet de comparer objectivement les performances de différents gants grâce à des essais normalisés réalisés en laboratoire.

En revanche, la norme EN 388 ne garantit pas une protection universelle. Un gant très performant contre l’abrasion n’offrira pas nécessairement une excellente résistance à la coupure ou à la perforation. Chaque critère est évalué indépendamment, ce qui explique pourquoi deux gants certifiés EN 388 peuvent présenter des niveaux de protection très différents.

Les risques mécaniques

Abrasion : résistance à l’usure par frottement.
Exemples : manutention, logistique, BTP.

L’abrasion mesure la capacité du gant à résister aux frottements répétés contre des surfaces rugueuses. Plus cette résistance est élevée, plus le gant conserve ses propriétés lors d’une utilisation intensive. Ce critère est particulièrement important pour les métiers de la manutention, de la logistique, du bâtiment ou des travaux publics.

Coupure — Coupe Test : résistance à une lame circulaire.
Exemples : manipulation de tôles, matériaux coupants peu abrasifs.

Cet essai évalue la résistance du matériau face à une lame circulaire tournante. Il convient principalement aux matériaux présentant une faible abrasivité.
Pour les matériaux très coupants, la norme privilégie désormais le test TDM, plus représentatif des conditions réelles d’utilisation.

Déchirure : résistance à la propagation d’une déchirure.
Exemples : maintenance, manutention générale.

Ce test mesure la force nécessaire pour déchirer le gant une fois qu’une entaille est amorcée. Une bonne résistance à la déchirure contribue à prolonger la durée de vie du gant et limite le risque d’aggravation d’une coupure accidentelle.

Perforation : résistance à une pointe
Exemple : bois, palettes, déchets, chantier

La résistance à la perforation indique la capacité du gant à s’opposer à la pénétration d’objets pointus tels que des clous, des échardes ou certains déchets métalliques. Ce critère est particulièrement recherché dans les secteurs du bâtiment, de la maintenance et de la gestion des déchets.

Coupure TDM (ISO 13997) : matériaux très coupants
Exemple : verrerie, métallurgie, découpe industrielle

Contrairement au Coupe Test, l’essai TDM mesure la force nécessaire pour couper le matériau à l’aide d’une lame droite. Il fournit une évaluation plus fiable pour les gants destinés à la manipulation de matériaux très tranchants comme le verre, la tôle ou certaines pièces métalliques.

Impact – P : chocs sur le dos de la main
Exemple : Industrie lourde, maintenance industrielle

Lorsque le pictogramme comporte la lettre « P », le gant a également été testé pour sa capacité à absorber les chocs sur le dos de la main. Cette protection est particulièrement utile dans les secteurs exposés aux risques d’écrasement ou d’impacts, comme l’industrie lourde, la maintenance ou les travaux pétroliers.

Les limites de l’EN 388

C’est important de rappeler que la norme EN 388 ne couvre qu’une partie des risques auxquels les mains peuvent être exposées. Un gant certifié EN 388 garantit uniquement des performances contre les risques mécaniques évalués lors des essais normalisés. Selon l’environnement de travail, d’autres dangers peuvent être présents et nécessiter des certifications complémentaires.

Autrement dit, un excellent niveau de protection contre l’abrasion ou la coupure ne signifie pas que le gant protège contre la chaleur, le froid, les produits chimiques ou les décharges électrostatiques. Le choix d’un gant doit donc toujours tenir compte de l’ensemble des risques identifiés sur le poste de travail.

Les autres normes

EN ISO 21420 — Exigences générales

Cette norme définit les exigences générales applicables à la majorité des gants de protection. Elle encadre notamment l’ergonomie, le confort, l’innocuité des matériaux, le marquage ainsi que les informations fournies par le fabricant. Depuis 2020, elle remplace l’ancienne norme EN 420.

À retenir : pratiquement tous les gants de protection sont aujourd’hui certifiés EN ISO 21420 en complément d’une ou plusieurs normes spécifiques.

EN 420 — Ancienne norme (remplacée)

La norme EN 420 définissait les exigences générales applicables aux gants de protection : ergonomie, innocuité des matériaux, tailles, marquage et informations fournies par le fabricant.

Depuis 2020, elle a été remplacée par la norme EN ISO 21420, qui reprend ces exigences tout en les harmonisant au niveau international.

À retenir : il est encore possible de rencontrer la mention EN 420 sur certains anciens produits ou dans des documentations techniques. Pour les nouveaux gants de protection, c’est désormais la norme EN ISO 21420 qui fait référence.

EN 407 — Protection contre la chaleur

Cette norme concerne les gants utilisés en présence de chaleur de contact, de chaleur convective, de petites projections de métal en fusion ou de flammes. Elle est fréquemment rencontrée dans les métiers de la métallurgie, de la fonderie ou de la maintenance industrielle.

EN 511 — Protection contre le froid

Elle évalue les performances des gants contre le froid de contact, le froid convectif et, selon les modèles, contre la pénétration de l’eau. Elle s’adresse notamment aux professionnels travaillant en extérieur ou en environnement frigorifique.

EN ISO 374-1 — Protection contre les produits chimiques

Cette norme certifie les gants destinés à la manipulation de substances chimiques dangereuses. Les performances varient selon les familles de produits chimiques testés.

EN ISO 374-5 — Protection contre les micro-organismes

Complémentaire à l’EN ISO 374-1, elle concerne la protection contre les bactéries, les champignons et, pour certains modèles, les virus.

EN 16350 — Propriétés électrostatiques

Elle s’applique aux gants conçus pour limiter l’accumulation de charges électrostatiques dans certains environnements présentant un risque d’inflammation.

ESD — Protection des composants électroniques

La mention ESD indique que le gant est conçu pour dissiper les charges électrostatiques afin de protéger les composants électroniques sensibles. Il est important de noter que l’ESD n’est pas une norme de protection des personnes, mais une caractéristique destinée à préserver les équipements électroniques.

EN 455 — Gants à usage médical

Cette norme concerne les gants médicaux à usage unique. Elle définit des exigences relatives à l’étanchéité, aux dimensions, aux propriétés physiques et à la sécurité biologique. Elle est principalement utilisée dans les secteurs médical, paramédical et de laboratoire.

Les normes complémentaires permettent de vérifier qu’un gant répond à des risques spécifiques. Toutefois, pour comparer deux gants destinés à la manutention ou aux travaux mécaniques, c’est généralement le pictogramme EN 388 qui constitue le principal outil d’analyse.

Comment interpréter le pictogramme EN 388 ?

Une fois les essais de la norme EN 388 compris, il reste à savoir interpréter le marquage présent sur le gant. Ce pictogramme résume les résultats obtenus lors des différents essais de laboratoire et permet de comparer rapidement les performances de plusieurs modèles.

Chaque chiffre ou lettre correspond à un essai spécifique. Plus le niveau indiqué est élevé, plus le gant a obtenu de bonnes performances pour le risque concerné. En revanche, ces résultats doivent toujours être interprétés individuellement : un excellent niveau de résistance à l’abrasion ne garantit pas automatiquement une excellente protection contre la coupure ou la perforation.

Important : les niveaux de performance permettent de comparer des gants entre eux. Ils ne remplacent pas l’analyse des risques du poste de travail.

Comment lire le pictogramme ?

Le pictogramme EN 388 est généralement suivi de quatre chiffres, une lettre et, dans certains cas, de la lettre P.

Les quatre premiers caractères correspondent aux essais mécaniques (abrasion, coupure, déchirure et perforation). La lettre indique le niveau obtenu au test de coupure TDM (ISO 13997), tandis que la lettre P confirme que le gant a été certifié pour la protection contre les impacts sur le dos de la main.

EN 388 : 4343CP

4
Abrasion

3
Coupure

4
Déchirure

3
Perforation

C
Coupure TDM

P
Impact

Cas pratique : comment comparer deux gants

Deux gants peuvent être certifiés EN 388 tout en offrant des niveaux de protection différents selon les risques mécaniques évalués. Ce cas pratique illustre la démarche à adopter pour comparer deux modèles et orienter votre client vers le gant le plus adapté à son environnement de travail.

GANT A
EN 388 : 4343CP

  • Abrasion : 4
  • Coupe Test : 3
  • Déchirure : 4
  • Perforation : 3
  • Coupure TDM : C
  • Impact : Certifié (P)

GANT B
EN 388 : 4343C

  • Abrasion : 4
  • Coupe Test : 3
  • Déchirure : 4
  • Perforation : 3
  • Coupure TDM : C
  • Impact : Non certifié

Le conseil de l’expert

Deux gants peuvent présenter des niveaux de performance très proches tout en répondant à des usages différents. Pour faire le bon choix, commencez toujours par identifier le risque principal du poste de travail avant de comparer les indices de la norme EN 388.

1. Gant A (Exemple : 4343CP)

  • Profil : protection renforcée contre les impacts
  • Analyse : ce gant est conçu pour des environnements complexes. Le niveau 4 obtenu au test d’abrasion traduit une excellente résistance à l’usure par frottement. La présence du « P » assure une protection active contre les chocs sur le dos de la main.
  • Préconisation : idéal pour l’industrie lourde, la maintenance industrielle ou les travaux en extérieur où les risques d’impacts et d’écrasement sont fréquents.

2. Gant B (Exemple : 4343C)

  • Profil : Précision et confort mécanique.
  • Analyse : Ce modèle se concentre exclusivement sur les risques mécaniques. En l’absence de protection contre les impacts, ce modèle peut offrir davantage de souplesse selon sa conception. Il conserve néanmoins une protection robuste contre les coupures et la perforation.
  • Préconisation : Recommandé pour la manutention générale, le tri de colis ou les tâches nécessitant une grande agilité des doigts, là où le risque de choc direct sur le dos de la main est limité.

Synthèse pour le décisionnaire

Pour choisir entre ces deux gants, posez-vous la question suivante :

« Le poste expose-t-il le dos de la main à des chocs ou à un risque d’écrasement ? »

  • Si la réponse est oui : le Gant A, certifié EN 388 avec la lettre P, constitue le choix le plus adapté lorsque l’utilisateur manipule des pièces lourdes, travaille à proximité d’outils ou de machines, ou évolue dans un environnement où le dos de la main peut être exposé à des chocs ou à des risques d’écrasement.
  • Si la réponse est non : le Gant B représente une solution adaptée lorsque le risque d’impact est faible ou inexistant. Il offre le même niveau de protection contre les risques mécaniques présentés dans cet exemple et peut, selon sa conception, privilégier la souplesse et la dextérité pour les travaux de manutention générale ou les opérations de précision.

Conclusion

La norme EN 388 constitue un outil précieux pour comparer objectivement les performances des gants de protection contre les risques mécaniques. Toutefois, son interprétation ne doit jamais se limiter à la lecture des chiffres ou des lettres figurant sous le pictogramme.

Pour conseiller efficacement un client, il est indispensable de partir de son environnement de travail, d’identifier les risques réellement présents et de vérifier que les performances du gant répondent à ces contraintes. La meilleure protection n’est pas systématiquement celle qui affiche les niveaux les plus élevés, mais celle qui est la plus adaptée au poste de travail.

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