Les chaussures professionnelles regroupent les chaussures de sécurité certifiées EN ISO 20345 ainsi que les chaussures de travail conformes à la norme EN ISO 20347. Le choix dépend des risques du poste, de l’environnement de travail et du niveau de protection recherché.
Comprendre les principales normes des chaussures professionnelles
Les chaussures de sécurité se distinguent des chaussures de travail par un embout de protection, destiné à protéger les orteils contre les chocs et l’écrasement. Selon leur niveau de protection, certains modèles intègrent également une semelle anti-perforation (également appelée semelle de protection), qui protège la plante du pied contre les objets pointus tels que les clous, les vis ou les éclats métalliques.
Les deux normes à connaître avant de choisir :
EN ISO 20345 : chaussures de sécurité
- Embout de protection résistant à un impact de 200 joules
- Protection contre l’écrasement des orteils
- Utilisation dans les environnements présentant un risque de chute d’objet ou de choc
- Niveaux de protection courants : S1PL, S1PS, S2, S3L, S3S
EN ISO 20347 : chaussures de travail
- Sans embout de sécurité
- Destinée aux usages professionnels sans risque d’écrasement du pied
- Priorité au confort, à la mobilité et à l’adhérence
- Niveaux de protection courants : O1, O2, O4, O6
L’essentiel
- EN ISO 20345 = chaussures de sécurité avec embout de protection (200 J)
- Selon leur niveau de protection (S1, S2, S3…), elles peuvent également intégrer une semelle anti-perforation.
- EN ISO 20347 = chaussures de travail sans embout de protection.
- Le choix dépend toujours des risques réels du poste de travail.

Chaussures de sécurité

Chaussures de sécurité + semelle

Chaussures de travail
Ce que dit la réglementation
Le choix d’une chaussure professionnelle ne relève pas uniquement du confort ou des préférences de l’utilisateur. Lorsque les risques liés au poste ne peuvent pas être suffisamment évités ou limités par des mesures de protection collective ou par l’organisation du travail, le recours à des équipements de protection individuelle (EPI) peut être nécessaire.
En France, l’employeur doit évaluer les risques professionnels auxquels sont exposés les salariés et les consigner dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP). Lorsque cette évaluation met en évidence la nécessité de protéger les pieds, l’employeur doit sélectionner des chaussures offrant un niveau de protection adapté aux risques identifiés.
L’article R4323-95 du Code du travail prévoit que les EPI sont fournis gratuitement par l’employeur. Celui-ci doit également veiller à leur bon fonctionnement et à leur maintien dans un état hygiénique satisfaisant par les entretiens, réparations et remplacements nécessaires.
Les travailleurs temporaires doivent également bénéficier des équipements de protection individuelle nécessaires à leur poste. L’article L1251-23 du Code du travail précise les responsabilités relatives à leur fourniture entre l’entreprise utilisatrice et l’entreprise de travail temporaire.
Et au niveau européen ?
Le règlement (UE) 2016/425 répartit les EPI en trois catégories en fonction des risques contre lesquels ils protègent. Les chaussures de sécurité destinées aux risques qui ne relèvent ni de la catégorie I ni de la catégorie III sont des EPI de catégorie II.
Pour leur mise sur le marché, elles doivent satisfaire aux exigences essentielles de santé et de sécurité applicables et faire l’objet de la procédure d’évaluation de conformité prévue par le règlement. Le fabricant établit ensuite la déclaration UE de conformité et appose le marquage CE.
Certains EPI destinés à protéger contre des risques susceptibles d’entraîner des conséquences très graves, comme la mort ou des dommages irréversibles pour la santé, relèvent de la catégorie III et sont soumis à des procédures d’évaluation de conformité supplémentaires.
Norme | Niveau | Principales caractéristiques | Exemples d’usages |
EN ISO 20345 | S1PL / S1PS | Embout 200 J, propriétés antistatiques, absorption d’énergie au talon, résistance à la perforation avec insert non métallique. PL : essai avec pointe de 4,5 mm ; PS : pointe de 3 mm. | Logistique, entrepôt, certains travaux de second œuvre |
EN ISO 20345 | S2 | Embout 200 J, propriétés antistatiques, absorption d’énergie au talon, pénétration et absorption d’eau de la tige limitées. Pas d’exigence de résistance à la perforation | Environnements humides sans risque identifié de perforation |
EN ISO 20345 | S3L / S3S | Exigences S2 + résistance à la perforation avec insert non métallique et semelle à crampons. S3L : essai avec pointe de 4,5 mm ; S3S : pointe de 3 mm. | Chantiers, gros œuvre, travaux extérieurs, certains environnements industriels |
EN ISO 20347 | 01 | Sans embout de sécurité. Propriétés antistatiques et absorption d’énergie au talon. | Activités sans risque nécessitant un embout de protection |
EN ISO 20347 | 02 | Exigences O1 + pénétration et absorption d’eau de la tige limitées. | Activités en environnement humide sans nécessité d’embout |
EN ISO 20347 | 04 | Chaussure de classe II, notamment de construction tout polymère ou tout caoutchouc, avec propriétés antistatiques et absorption d’énergie au talon. | Certains environnements humides, nettoyage, agroalimentaire |
EN ISO 20347 | 06 | Chaussure de classe I répondant notamment à des exigences d’étanchéité de l’ensemble de la chaussure. | Activités exposées durablement à l’humidité ou à l’eau |
Que vérifier avant de choisir un modèle ?
Les marquages permettent de vérifier rapidement si une chaussure correspond au niveau de protection recherché. Les critères à contrôler diffèrent selon qu’il s’agit d’une chaussure de sécurité ou d’une chaussure de travail.
Pour une chaussure de sécurité
EN ISO 20345
- Embout de protection 200 J
- Niveau indiqué : S1PL, S1PS, S2, S3L ou S3S
- Protection anti-perforation selon l’environnement
- Résistance au glissement (SR)
- Marquage CE et norme clairement indiqués
Pour une chaussure de travail
EN ISO 20347
- Absence d’embout de protection
- Niveau indiqué : O1, O2, O4 ou O6
- Résistance au glissement (SR)
- Adaptation à l’humidité ou aux huiles selon l’activité
Métiers : quel type de chaussure selon le travail ?
Le choix d’une chaussure dépend avant tout des risques présents sur le poste de travail. Les exemples ci-dessous permettent d’orienter rapidement vers la catégorie la plus adaptée.
Gros œuvre
Maçon, coffreur, couvreur
- EN ISO 20345 (S3)
- Cuir hydrofuge
- Absorption d’énergie au talon (E)
- Isolation adaptée aux conditions
Risques principaux
Manutention, gravats, chocs et risques au sol.
Logistique & entrepôts
Magasinier, chauffeur-livreur, conducteur PL
- EN ISO 20345 (souvent S1P)
- EN ISO 20347 (souvent O2)
- Bonne adhérence (SR)
- Légèreté et confort
Risques principaux
Manutention, glissades et déplacements fréquents.
Second œuvre
Plomberie, peinture, électricien
- EN ISO 20345 (S1P/S3) ou EN ISO 20347 (O1/O2)
- Chaussures légères et souples
- Protection adaptée à l’humidité
- Bonne adhérence (SR)
Risques principaux
Glissades, déplacements fréquents et risques variables selon le chantier.
Services & collectivités
Serveur, cuisinier, agent d’entretien, personnel de collectivité
- EN ISO 20347 (souvent O1 ou O2)
- Bonne adhérence (SR)
- Facilité d’entretien
- Confort longue durée
Risques principaux
Glissades et station debout prolongée.
Industrie / maintenance
mécanicien, garagiste, agente d’entretien
- EN ISO 20345 (souvent S1P ou S3)
- Résistance aux huiles (FO)
- Confort de marche
- Bonne stabilité
Risques principaux
Manutention, chocs et risques d’impact.
Exigences complémentaires et symboles associés
Les symboles complémentaires permettent d’identifier rapidement certaines caractéristiques des chaussures, comme l’adhérence, l’imperméabilité, l’isolation thermique ou la protection anti-perforation.
Confort & environnement
- A Antistatique
- E Absorption d’énergie au talon
- CI Isolation contre le froid
- HI Isolation contre la chaleur
- HRO Résistance à la chaleur par contact (semelle extérieure)
- WR Résistance à l’eau (chaussure entière imperméable)
- WPA Résistance à l’eau (tige de la chaussure)
Protection & sécurité
- FO Résistance aux hydrocarbures
- SRA Résistance au glissement sur sol céramique avec solution savonneuse
- SRB Résistance au glissement sur sol acier avec glycérol
- SRC Résistance au glissement testée à la fois sur sol céramique (solution savonneuse) et sol acier (glycérol) — cumul de SRA et SRB
- P Protection anti-perforation (semelle métallique)
- PL Protection anti-perforation non métallique (pour clou de grand diamètre)
- PS Protection anti-perforation non métallique (pour clou de petit diamètre)
- SC Résistance à l’abrasion de l’embout (renfort)
- AN Protection de la cheville
Chaussures ESD : pour quels métiers ?
Métiers concernés : électroniciens, assembleurs de cartes électroniques, techniciens de maintenance électronique, opérateurs en salle blanche, fabricants de semi-conducteurs, personnel de laboratoire, industrie pharmaceutique et certains environnements nécessitant une maîtrise des charges électrostatiques.
Les chaussures ESD (Electro Static Discharge) dissipent l’électricité statique de manière contrôlée afin de protéger les composants électroniques sensibles. Une simple décharge électrostatique, souvent imperceptible pour l’utilisateur, peut endommager des cartes électroniques, microprocesseurs ou autres équipements de précision.
L’efficacité de la protection ESD ne dépend pas uniquement des chaussures. Le revêtement de sol, les vêtements portés, les matériaux manipulés, les déplacements ou encore les conditions ambiantes peuvent influencer l’accumulation et la dissipation des charges électrostatiques.
ATTENTION : les chaussures ESD sont destinées à maîtriser l’électricité statique afin de protéger les composants électroniques sensibles. Elles ne constituent pas une protection contre les risques électriques liés aux installations sous tension.
En présence d’un risque électrique, les équipements doivent être sélectionnés selon les risques du poste et les exigences de protection applicables.
Bon à savoir
La norme IEC 61340-5-1 définit les exigences d’un programme de maîtrise des décharges électrostatiques. La norme IEC 61340-4-3 décrit quant à elle la méthode d’essai permettant de mesurer la résistance électrique des chaussures utilisées pour la maîtrise du potentiel électrostatique des personnes.
L’entretien et le remplacement
Nettoyage
Nettoyez régulièrement les chaussures avec des produits adaptés à leurs matériaux. Pour le séchage, évitez les sources de chaleur directe, comme les radiateurs, qui peuvent détériorer le cuir, les colles et certains composants de la chaussure.
Usure et remplacement
Inspectez régulièrement l’état général des chaussures : semelle d’usure, coutures, tige et zones d’assemblage. Une chaussure ayant subi un choc important, présentant une semelle fortement usée, percée ou décollée, ou tout autre dommage susceptible de réduire son niveau de protection doit être remplacée
Conseil pratique
Pour évaluer correctement le confort d’une chaussure, essayez-la avec les chaussettes habituellement portées au travail. Les pieds pouvant légèrement gonfler au cours de la journée, une pointure et un chaussant adaptés sont aussi importants que le niveau de protection.